Full-remote et asynchrone comme valeurs: Entretien avec Christophe Pasquier, le CEO de Slite

Yorick Cool

8 juin 2020

Full-remote et asynchrone comme valeurs: Entretien avec Christophe Pasquier, le CEO de Slite

Yorick Cool

La culture d’une entreprise n’est pas juste un outil marketing, c’est aussi un outil de management. Vous voulez comprendre pourquoi? Ca va s’éclairer ci-dessous! Mais peut-être cherchez-vous aussi des conseils pour gérer le travail à distance qui est devenu un enjeu encore plus énorme ces derniers temps? Vous allez trouver ça ici aussi!

 

En effet, nous avons interviewé Christophe Pasquier, le CEO de Slite. Or, la mission et les valeurs de Slite inspirent leurs pratiques au quotidien, et celles-ci tournent autour du travail à distance et de la communication asynchrone. Autant dire, il y a des tuyaux pratiques en or ci-dessous…

 

Slite, c’est qui, c’est quoi?
 

Slite, c’est une start-up française née en 2017 qui produit une solution de gestion de connaissances. Du knowledge management pour nos amis anglophiles. C’est un outil simple qui permet d’écrire, de mettre en page, et surtout d’organiser le tout de manière très flexible, facile à retrouver et à rechercher. Un outil parfait pour le travail collaboratif à distance – que Slite pratique assidûment. C’est peut-être cette cohérence entre la mission et les valeurs de Slite d’une part, et leur produit et leurs pratiques d’autre part, qui explique pourquoi ils viennent de lever 10 millions

 

Découverte de la mission et des valeurs de Slite
 

Avant de pouvoir utiliser sa mission et ses valeurs, encore faut-il les connaître. Nous avons donc demandé à Christophe Pasquier comment Slite a découvert sa mission et ses valeurs.

 

Christophe nous explique que le projet Slite a commencé en sachant ce qu’ils voulaient créer, le « what ». Ils savaient qu’ils voulaient développer un outil de documentation pour les équipes, agréable à utiliser, pour rendre les équipes plus efficaces. C’est au fur et à mesure du développement de l’entreprise et des interactions client qu’ils ont découvert leur mission et leurs valeurs. C’est dans leurs propres pratiques qu’ils ont identifié ce qui faisait sens. Ils savent maintenant qu’ils visent à permettre aux équipes de travailler de manière plus réfléchie et consciente (« we want to make teams work more thoughtfully »).

 

Si les valeurs de l’entreprise ont donc émergé assez spontanément, il y a un travail managérial pour les verbaliser, les renforcer et continuer à les aiguiller.

 

En somme, la culture de Slite n’est ni complètement top-down ni complètement bottom-up, c’est une subtile interaction entre les deux qui la crée en permanence.

 

Le travail en full-remote
 

La mission de Slite tourne autour de la collaboration et une de ses valeurs est le travail à distance. De ce fait, ils ont transitionné vers un modèle full-remote. C’est un sujet très actuel, et nous avons voulu savoir comment la transition s’est passée – et comment une culture se maintient dans un tel contexte.

 

Pour Christophe, le travail en remote est quelque chose d’accessible à toute organisation ou presque. Mais ça ne s’improvise pas! Ca demande beaucoup de travail de la part de l’organisation et singulièrement de la part du management. Le travail en remote demande plus de maturité organisationnelle. Christophe voit cela comme un avantage: toute entreprise devra mûrir passé une certaine taille. En passant en full-remote, on est forcé à le faire plus tôt, et plus fort.

 

Il y a divers aspects. De toute évidence, il y a beaucoup de domaines qui demandent un effort administratif certain. Les questions d’assurances, de frais, tout cela doit être considéré.

 

Mais au-delà, l’effort pour maintenir une culture vivace et une collaboration efficace et créative est crucial. Slite investit beaucoup pour s’assurer que ça fonctionne. Ils ont beaucoup de pratiques et de rituels, dont on peut lister, parmi d’autres:

  • Tous les deux mois, tout le monde se rencontre physiquement pour un « Offslite » de trois jours. Adepte de la culture écrite et du remote, Christophe souligne que se voir physiquement reste nécessaire pour mieux se connaître et mieux se comprendre. Ces sessions servent à préparer le cycle de deux mois qui vient.
  • Un « Offslite » sur deux est fait dans un lieu un peu plus exotique pour y adjoindre une dose de fun et de détente/teambuilding.
  • Il y a énormément de « care » dans l’interaction entre personnes. A un niveau interpersonnel pur, mais aussi dans la manière dont le people management est mené. Christophe mène des 1-2-1 très fréquents (toutes les semaines ou deux semaines) avec ses collaborateurs directs ou indirects, et ceci va se répercuter à travers l’organisation. Au-delà, il y a une forte culture de leadership par l’exemple dans une approche de care.
  • Dans la même veine, une grande importance est donnée au fait de féliciter les gens publiquement.

 

Par ailleurs, les processus de ressources humaines (recrutement, onboarding, gestion de la performance) sont aussi pensés pour non seulement être efficaces, mais pour renforcer la culture:

  • Le recrutement vise des personnes alignées avec la culture de Slite. Des personnes avec beaucoup d’empathie et un goût pour la collaboration. Qui ont quelque chose de spécial ou de marquant dans leur parcours. Plus que la performance à tout prix (type grandes écoles ou parcours big 4), ce qui est recherché c’est la capacité à apporter quelque chose à l’équipe. Pas tant une rockstar que quelqu’un qui veut vraiment jouer en groupe.
  • Dans le cycle d’onboarding et puis dans la gestion de performance il y a une forte pratique du feedback. Des peer reviews (feedback 360) basés sur une approche « roles and outcomes » rythment l’expérience employé. Ceci permet aux gens de grandir et de comprendre ce qu’ils font bien et comment s’améliorer.

 

La culture, ce chantier perpétuel
 

Christophe souligne que c’est un travail continu. Si toutes les pratiques discutées sont productives aujourd’hui, il réfléchit déjà à comment les faire évoluer avec la croissance de l’entreprise. Peut-être que les « Offslite » se feront à l’avenir plus par squads (les différentes équipes au sein de Slite) plutôt que pour toute la boîte par exemple.

 

Slite réalise en ce moment plus de synergies et de points communs avec ses clients que ce qui était pensé initialement. Toutes les organisations qui apprécient Slite partagent un goût et une envie pour des modes d’organisation qui vont dans une direction comparable à ce qui est décrit dans Reinventing Organisations de Frédéric Laloux. Christophe appelle cela « Teal-ish », pour signifier que c’est vaste, un état d’esprit plutôt qu’une définition trop précise ou étroite. Mais réaliser cela nourrit la réflexion de Slite sur son branding et même sur son positionnement de long terme. Travailler sa culture et son identité est donc un travail permanent qui inspire tous les différents aspects des activités de Slite.

 

De ce point de vue, le travail continu sur la mission et les valeurs de Slite leur permet non seulement d’avoir une culture qui leur correspond, mais de prendre des décisions stratégiques importantes.

 

Merci à Christophe pour sa disponibilité! Et n’hésitez pas à nous contacter si vous aussi vous souhaitez utiliser votre culture comme outil de management!

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